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Du temps de Charlemagne on reconnaissait quatre sortes de personnes :
1/ Les nobles, les grands, les seigneurs. Cette qualité de noble était d’une si grande distinction, qu’elle était souvent donné aux personnes des rois. On trouve dans l’histoire de Richard II d’Angleterre, qu’après avoir été prisonnier et détrôné en 1399 par Henry, comte d’Erby, son cousin, il disait en se plaignant « hé ! que dira le noble roi de France ? Non seulement cette qualité de noble est souvent répété par les épitaphes des rois, mais encore dans les traités et les anciens titres. Les prince du sang l’ont prise dans un grand nombre d’actes. Thibaut comte de Champagne est qualifié de noble homme, dans un titre de 1232.
2/ Les hommes libres, qui étaient d’une condition libre, de temps immémorial, nés dans le pays où ils demeuraient. Il y avait parmi eux trois sortes de rang ; celui des magistrats, à qui leur âge et leurs fonctions faisaient donner le nom de pères et de sénateurs ; celui des officiers d’armée qui furent nommés chevaliers, parce qu’ils combattaient à cheval, et celui du peuple, dans lequel étaient compris les soldats et les artisans.
3/ Les lites, les serfs, les habitants de la campagne et les laboureurs. Il y avait trois sortes de serfs. Les premiers étaient ceux qui devaient la taille à leur seigneur, à cette taille était de deux espèces : l’une se payait à sa volonté, tantôt plus grande, tantôt plus petite et l’autre était fixe.
4/ Les esclaves, proprement dits, qui ne faisaient pas en quelque façon partie du pays, mais étaient des corps vivants dans la dépendance absolue de leurs maîtres qui les vendaient et les échangeaient comme ils le faisaient de leur bétail.
En France, sous le règne de Louis le Hutin, les habitants de plusieurs petites villes et presque tout ceux de la campagne étaient encore des serfs. Il n’y avait que les grandes villes qui eussent conservé leur liberté. Mais les moindres villes, les bourgs et les villages étaient demeurés dans leur premier état, et quoiqu’il fut permis aux habitants d’avoir quelques terres, en quoi ils différaient des esclaves, cependant eux et leurs enfants ne pouvaient point sortir du domaine du seigneur où ils étaient nés, ils ne pouvaient s’établir ailleurs, ni s’y marier, sans encourir les peines portées par la loi de ce qu’on appelait fors fuiage et fors mariage. C’est-à-dire des mariages faits hors de la terre du seigneur sans sa permission. Ils ne pouvaient disposer de leurs biens en faveur des églises sans le consentement de leurs seigneurs. Les affranchissement ont commencé en France dès le règne de Louis le Gros, et Philippe le bel rendit la liberté à divers village. A compter du 14ème sicle, les affranchissements devinrent presque généraux.
