Le mot gentilhomme vient de « gentillis homo ».
Quelques uns disent qu’il vient du mot gentil par opposition au mot « payen ». En effet les tribus qui conquirent la Gaule étaient déjà chrétiennes (ariennes pour une grande partie*) et furent appelées « gentils » par oppositions aux peuples originaires de ces contrées qui étaient païens.
D’autres disent que sur le déclin de l’Empire, il y eut deux compagnies composées d’hommes distingués pour leur bravoure. L’une était appelée « genilium et l’autre « scutariorum » de ces deux termes viendraient les mots de » gentilhomme et d’écuyer. »
Il peut également venir tout simplement de gentil pour « gentille action, action noble et glorieuse ». Quelques auteurs pensent que ces deux mots nous sont restés de la milice romaine, parce que c’était aux gentils et aux écuyers, comme aux plus braves soldats, que l’on distribuait les principaux bénéfices et les meilleurs portions de terre. (récompense aux gens de guerre).
Ainsi le peuple commença a appelé « gentils et écuyers » les personnages importants pourvus de pareils bienfaits par les rois.
La qualité de gentilhomme a été autrefois, si honorable que les rois juraient « foi de gentilhomme » parce que cette qualité semblait renfermer toutes les vertus qui rendent la loi inviolable et ne peut manquer à sa parole.
François 1er dans une assemblée de notables en 1527 dit « qu’il était né gentilhomme et non roi et qu’il voulait en garder les privilèges ».
Henri IV relève également la qualité de gentilhomme. « Si je faisais gloire en faisant ambition tend à quelque chose de plus relevé que de bien parler. J’aspire aux glorieux titre de libérateur et restaurateur de la France, déjà par la faveur du ciel et par le conseil de mes fidèles serviteurs, et par l’épée de ma brave et généreuse noblesse, dont je ne distingue point mes princes, la qualité de gentilhomme étant le plus beau titre que nous possédions. »
Les maisons de nom et d’armes se sont formées dans le commencement des fiefs, des surnoms et des armoiries, et se sont rendues remarquables, par les cris de guerre et par les exploits militaires, l’exercice des armes n’étant alors permis qu’à ceux qui vivaient noblement.
Comme l’établissement des monarchies ne s’est fait que par les armes, ceux qui ont été les premiers élevés sur le trône ont eu besoin d’être secondés par des hommes braves, grands et généreux pour les y soutenir et les défendre. S’il était juste que les plus grands et les plus vaillants fussent reconnus pour souverains, il l’était aussi que celui que ces héros avaient élu pour roi les distinguât du peuple par des marques illustres. C’est de là qu’est venue cette ancienne et parfaite noblesse des rois et celles de vaillants hommes qui leur prêtaient mains pour les couronner. Et c’est pour ces raisons que nous appelons gentilshommes de nom et d’armes ceux qui sont d’une si ancienne race, que le commencement nous en est inconnu.
L’on peut dire que cette noblesse vient de ceux qui sont nés de famille libre, et dont la race a été de tout temps exempte de roture et a joui d’une pleine liberté. Un gentilhomme de nom et d’armes est celui qui porte le nom de quelque province, bourg, château, seigneurie ou fief noble, qui a des armes particulières quoiqu’il ne soit pas seigneur de ses terres. Car tel est seigneur d’une terre qui n’a rien aux armes qui appartiennent à un autre qui n’a rien en la seigneurie vus que les armes ne se peuvent donner à une terre ou seigneurie que par la concession d’un prince.
Dans tous les pays de l’Europe, il y a des gentilshommes de nom et d’armes, c’est-à-dire d’une noblesse de si haute antiquité qu’on n’en peut montrer l’origine et qui prouvent une possession de temps immémorial par une suite de personnes distinguées par leur valeur et leurs exploits, par des marques distinctives de leurs interruptions et enfin par les armes ou sceaux affectés à leur famille dans le temps que ces marques d’honneur ont commencé à être fixée dans l’Europe. La parfaite noblesse, est proprement l’ancienne et immémoriale et dont ont ne peut prouver par écrit quand elle a commencé, ni de quel prince elle a reçu son être.
Certains chevaliers sont gentilshommes de nom, parce que leur noblesse est aussi ancienne que leur nom, qui les a toujours distingué des autres hommes et depuis plusieurs siècles des anoblis et gentilshommes d’armes, non seulement parce qu’ils ont été les premiers dans les états conquis où ils ont laissé des marques de valeur, mais principalement parce que les armoiries suivent naturellement les noms.
Le duc Philippe de Bourgogne, surnommé « le bon » voulant honorer les premiers de ses états du collier de l’ordre de la toison d’or qu’il avait institué donna commission au sieur Coel, homme très riche en manuscrits de voir et d’examiner qu’elles étaient les maisons les plus anciennes et les plus illustres du pays.
Il répondit après avoir consulté tous ses recueils et ceux de la maison de Bourgogne que c’était celle de nom et d’armes.
Les gentilshommes de nom et d’armes, sont ceux qui peuvent montrer que le nom et les armes qu’ils portent ont été portés par leurs aïeux, et qu’ils ont toujours fait profession de cette qualité dont on ne peut découvrir l’origine. Il y a de la différence entre le gentilhomme de nom et d’armes et le gentilhomme de lignée. Le premier est noble de temps immémoriaux et le dernier n’a besoin que de quatre quartiers des aïeux paternels et maternels. On exigeait cette noblesse des gentilshommes qui aspiraient aux honneurs pour les obliger à ne prendre alliance que dans les familles nobles ; à peine de déchoir des principales prérogatives des nobles parce que c’était interrompre sa noblesse de quatre lignées et obscurcir la noblesse de nom et d’armes.
On peut donc conclure que la noblesse de nom et d’armes est celle qui est d’origine inconnue, formée avec l’hérédité des fiefs et le commencement des noms. D’abord elle éclata par le cri du nom dans les armées et par les armes érigées en trophée dans les combats sanglants et en temps de paix dans les joutes et les tournois. Toutes ces marques d’honneur ont paru dès l’institution de la grande noblesse en l’état qu’elle est et elles font connaître la différence du gentilhomme de nom et d’armes et les nouveaux anoblis. Et quoi qu’un gentilhomme se soit signalé par des faits héroïques ou qu’il se soit distingué par des charges honorables, il n’est pas pour cela gentilhomme de nom et d’armes. La qualité de gentilhomme de nom et d’armes imprime dans son sujet, un caractère si adhérent, qu’il serait aussi difficile de s’en dépouiller que de sa propre essence. Quoique l’intérêt puisse le porter quelque fois à accepter une adoption dans une famille anoblie, et à en prendre le nom et les armes ; il ne laisse pas néanmoins de conserver sa noblesse originelle. Les lois civiles ne peuvent jamais lui ravir son caractère, quoiqu’il en quitte les marques extérieures, pendant qu’il jouit de cette adoption qui ne peut abolir les droits de sa naissance. Il n’en n’est pas de même du simple anobli ; il ne peut se communiquer que par la naissance, et elle ne passe jamais aux étrangers, ne pouvant compatir par aucun moyen avec l’anoblissement les anoblis étant adoptés par d’anciennes maisons sont obligés par les lois d’en porter le nom et les armes, mais la raison naturelle leur défend d’en prendre le titre. Le prince même ne peut faire un gentilhomme de nom et d’armes non plus qu’un noble de race.
Cette noblesse est donc le comble de la grandeur, plus elle vieillit plus elle acquiert la force et la vigueur.
D’après le Dictionnaire de la Noblesse t1 (BNF)
(*) Doctrine fondée à Alexandrie vers 320 par le prêtre Arius. Considérant que dans la Trinité seul de Père est Dieu, elle aboutit à nier la divinité du Christ et en conséquence le dogme de la Trinité. Condamnée en 325 par le concile de Nicée, elle est néanmoins adoptée par plusieurs des peuples barbares qui occupèrent l’occident : Ostrogoths, Wisigoths, Burgondes, Vandales, Lombards.

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