Les Valets

 

VALET

 

Le terme de valet a été autrefois un titre honorable. Les fils des empereurs étaient appelés Varglets ou valets. Dans le Poitou, les valets étaient aussi considérés que les écuyers dans les autres provinces ; le nom de valet n’était donné qu’à ceux qui apprenaient la profession des armes.

Les écuyers-tranchants étaient appelés varlets. Guillaume du Plessis dans un titre de 1201 se qualifie de valet, qui signifie, la même chose qu’écuyer ou damoisel.

Les nobles qui s’intitulaient valets donnaient à connaître par là qu’étant issus de Chevaliers, ils prétendaient à l’ordre de chevalerie obtenu par leurs pères. On appelait les enfants des grands seigneurs valets lorsqu’ils n’étaient pas chevaliers, on a donné ce titre à des officiers honorables comme valets-tranchants, valets-échansons, valets-servants, valets de salle etc.

Ce nom est demeurant aux tranchants du roi, depuis appelés écuyers-tranchants et ces charges d’écuyers tranchants ont été exercé par les plus grands seigneurs du royaume.

Il y a plusieurs valets, le premier valet de chambre du roi est un officier considérable qui couche au pied de son lit, et qui est toujours dans sa chambre et garde sa cassette. Les autres valets de chambre habillent le roi, et servent par quartier aux offices de sa chambre.

Le Peuple

 

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Du temps de Charlemagne on reconnaissait quatre sortes de personnes :

1/ Les nobles, les grands, les seigneurs. Cette qualité de noble était d’une si grande distinction, qu’elle était souvent donné aux personnes des rois. On trouve dans l’histoire de Richard II d’Angleterre, qu’après avoir été prisonnier et détrôné en 1399 par Henry, comte d’Erby, son cousin, il disait en se plaignant « hé ! que dira le noble roi de France ? Non seulement cette qualité de noble est souvent répété par les épitaphes des rois, mais encore dans les traités et les anciens titres. Les prince du sang l’ont prise dans un grand nombre d’actes. Thibaut comte de Champagne est qualifié de noble homme, dans un titre de 1232.

2/ Les hommes libres, qui étaient d’une condition libre, de temps immémorial, nés dans le pays où ils demeuraient. Il y avait parmi eux trois sortes de rang ; celui des magistrats, à qui leur âge et leurs fonctions faisaient donner le nom de pères et de sénateurs ; celui des officiers d’armée qui furent nommés chevaliers, parce qu’ils combattaient à cheval, et celui du peuple, dans lequel étaient compris les soldats et les artisans.

3/ Les lites, les serfs, les habitants de la campagne et les laboureurs. Il y avait trois sortes de serfs. Les premiers étaient ceux qui devaient la taille à leur seigneur, à cette taille était de deux espèces : l’une se payait à sa volonté, tantôt plus grande, tantôt plus petite et l’autre était fixe.

4/ Les esclaves, proprement dits, qui ne faisaient pas en quelque façon partie du pays, mais étaient des corps vivants dans la dépendance absolue de leurs maîtres qui les vendaient et les échangeaient comme ils le faisaient de leur bétail.

En France, sous le règne de Louis le Hutin, les habitants de plusieurs petites villes et presque tout ceux de la campagne étaient encore des serfs. Il n’y avait que les grandes villes qui eussent conservé leur liberté. Mais les moindres villes, les bourgs et les villages étaient demeurés dans leur premier état, et quoiqu’il fut permis aux habitants d’avoir quelques terres, en quoi ils différaient des esclaves, cependant eux et leurs enfants ne pouvaient point sortir du domaine du seigneur où ils étaient nés, ils ne pouvaient s’établir ailleurs, ni s’y marier, sans encourir les peines portées par la loi de ce qu’on appelait fors fuiage et fors mariage. C’est-à-dire des mariages faits hors de la terre du seigneur sans sa permission. Ils ne pouvaient disposer de leurs biens en faveur des églises sans le consentement de leurs seigneurs. Les affranchissement ont commencé en France dès le règne de Louis le Gros, et Philippe le bel rendit la liberté à divers village. A compter du 14ème sicle, les affranchissements devinrent presque généraux.

Les Nobles de race

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La noblesse de race se forme sur un certain nombre de degrés. Pour être parfaite, il faut, selon Plutarque qu’elle remonte jusqu’au bisaïeul.

Celui qui est anobli acquiert la noblesse, mais non la race elle a selon son auteur, la puberté en ses enfants, l’adolescence en ses petits-fils et la maturité en ses arrières petits-fils. C’est la troisième génération qui purifie le sang et la race et qui efface tous les vestiges de roture.

L’histoire nous apprend que l’empereur Sigismond ayant été supplié, par un paysan de l’anoblir, il lui répondit qu’il pouvait bien l’enrichir, mais non lui donner la noblesse. (c’est-à-dire la race).

La noblesse naissante est une grâce accordée par le prince à celui qu’il élève au dessus du commun des citoyens, mais la noblesse naissante n’est pas parfaite, elle n’acquiert la race qu’au quatrième degré. Ceux qui sont les plus portés à favoriser la noblesse de race, conviennent qu’elle doit commencer au bisaïeul se continuer au second degré puis au troisième et que ceux qui sont au quatrième deviennent véritablement noble.

Cette noblesse se vérifie en deux manières, par titres et par témoins, la dernière preuve est spécialement reçue lorsqu’il y a eu troubles, incendies, guerre ou d’autres accidents.

On justifie qu’on est de race noble :

1/ quand les prédécesseurs ont été réputés nobles ou en cas de dérogeance quand on prouve les degrés supérieurs, et que les ancêtres ont porté la qualité de nobles, d’écuyers et de chevaliers,

2/ on prouve que ses auteurs ont vécu noblement que le père et l’aïeul ont porté les armes et ont eu des charges convenables aux nobles, comme des offices de bailli ou de sénéchaux ; qu’ils ont eu des justices et des fiefs; qu’ils ont porté des armoiries qui leur étaient propres et enfin qu’il ont eu de temps en temps des sentences déclaratives de noblesse, données sur des titres et avec connaissance de cause.

Donc la noblesse de race demande trois degrés au-dessus de soi de noblesse et dont on a état, s’il a de la noblesse maternelle, de faire voir huit quartiers, et au-delà.il ne pourrait être pour cela gentilhomme de nom et d’armes comme se l’imaginent, parce qu’il n’y a que la multiplicité des siècles, la première introduction des noms et armes et l’ancienne investiture héréditaire des fiefs, qui donnent cette prérogative.

Noble à l’origine signifie connu. Cela représente le mérite des ancêtres et leur vertu éclatante. Cette qualité est une marque de distinction qui fait connaître les personnes.

 

 

 

 

Les Ecuyers

Le nom viendrait de ce que les nobles portaient des Ecus et armoiries, qui sont des marques de noblesse.

Le noble qui portait l’Ecu était joint au Chevalier durant les tournois pour lui servir de second et pour lui conserver son écu et sa devise.

Le « grand écuyer de France » portait l’Ecu du Roi. La qualité d’écuyer est également appliqué à ceux qui avaient le commandement de l’écurie  (écuyers d’écurie). La fonction de porter des boucliers étant toute militaire et par conséquent exercé par des Nobles. Cette qualité a toujours exprimé la noblesse de celui qui l’a portée, même quand les boucliers et les écus n’étaient plus d’usage à la guerre.

La qualité d’écuyer ne se donnait pourtant pas indifféremment à tous les jeunes gens, jusqu’à la fin du 15ème siècle, elle dénotait un ancien gentilhomme.(Quelqu’un digne de devenir Chevalier mais qui n’a pas encore reçu l’adoubement ou un homme noble qui faute d’en avoir les moyens financiers, n’a pas été ni ne sera adoubé).

Les barons, les plus grands seigneurs et même des princes de sang se sont qualifiés d’écuyer dans leur jeunesse jusqu’à ce qu’ils fussent devenus Chevalier. Ils étaient subordonnés au Chevalier, ils cédaient leur place d’honneur en tous lieux, ne se couvraient pas en leur présence, n’était pas à la table avec eux. Ils ne portaient pas d’éperons dorés, seulement blanchis en 1486, ils avaient droit aux habits de soie mais pas à ceux de velours. Un écuyer n’est jamais  qualifié de Messire, ni sa femme de Madame seulement demoiselle ou damoiselle et même si elle est princesse.

Quand l’écuyer devient Chevalier on le nomme Messire, Monseigneur et leur femme devient Dame. Il y avait des écuyers qui n’avaient pas assez de biens pour parvenir à la chevalerie. C’est ce qui obligeait souvent les rois à établir une pension à ceux qu’ils faisaient Chevalier et qui n’avaient pas de quoi soutenir cette dignité. Les Ecuyers n’avaient en temps de guerre que la demi-paye des chevaliers, à l’exception des écuyers-bannerets ; ces derniers se trouvant seigneur de bannière, et en état de mener leurs vassaux à la guerre, parmi lesquels il y avait quelquefois des Chevaliers. Ils avaient la paye de chevaliers-bacheliers, qui était la demi-paye des chevaliers bannerets.

Cette grande subordination servait à les exciter d’un violent désir de se rendre dignes de la chevalerie, non-seulement par des actions de valeur et de bonne conduire, mais aussi par celle de la vertu, qui était essentielle pour faire un parfait chevalier.

D’après  le Dictionnaire de la noblesse T1 (BNF)

Les Gentilshommes

Le mot gentilhomme vient de « gentillis homo ».

Quelques uns disent qu’il vient du mot  gentil  par opposition au mot « payen ». En effet les tribus qui conquirent la Gaule étaient déjà chrétiennes (ariennes pour une grande partie*) et furent appelées « gentils » par oppositions aux peuples originaires de ces contrées qui étaient païens.

D’autres disent que sur le déclin de l’Empire, il y eut deux compagnies composées d’hommes distingués pour leur bravoure. L’une était appelée « genilium et l’autre « scutariorum » de ces deux termes viendraient les mots de » gentilhomme et d’écuyer. »

Il peut également venir tout simplement de gentil pour « gentille action, action noble et glorieuse ».  Quelques auteurs pensent que ces deux mots nous sont restés de la milice romaine, parce que c’était aux gentils et aux écuyers, comme aux plus braves soldats, que l’on distribuait les principaux bénéfices et les meilleurs portions de terre. (récompense aux gens de guerre).

Ainsi le peuple commença a appelé « gentils et écuyers » les personnages importants pourvus de pareils bienfaits par les rois.

La qualité de gentilhomme a été autrefois, si honorable que les rois juraient « foi de gentilhomme » parce que cette qualité semblait renfermer toutes les vertus qui rendent la loi inviolable et ne peut manquer à sa parole.

François 1er dans une assemblée de notables en 1527 dit « qu’il était né gentilhomme et non roi et qu’il voulait en garder les privilèges ».

Henri IV relève également la qualité de gentilhomme. « Si je faisais gloire en faisant ambition tend à quelque chose de plus relevé que de bien parler. J’aspire aux glorieux titre de libérateur et restaurateur de la France, déjà par la faveur du ciel et par le conseil de mes fidèles serviteurs, et par l’épée de ma brave et généreuse noblesse, dont je ne distingue point mes princes, la qualité de gentilhomme étant le plus beau titre que nous possédions. »

Les maisons de nom et d’armes se sont formées dans le commencement des fiefs, des surnoms et des armoiries, et se sont rendues remarquables, par les cris de guerre et par les exploits militaires, l’exercice des armes n’étant alors permis qu’à ceux qui vivaient noblement.

Comme l’établissement des monarchies ne s’est fait que par les armes, ceux qui ont été les premiers élevés sur le trône ont eu besoin d’être secondés par des hommes braves, grands et généreux pour les y soutenir et les défendre. S’il était juste que les plus grands et les plus vaillants fussent reconnus pour souverains, il l’était aussi que celui que ces héros avaient élu pour roi les distinguât du peuple par des marques illustres. C’est de là qu’est venue cette ancienne et parfaite noblesse des rois et celles de vaillants hommes qui leur prêtaient mains pour les couronner. Et c’est pour ces raisons que nous appelons gentilshommes de nom et d’armes ceux qui sont d’une si ancienne race, que le commencement nous en est inconnu.

L’on peut dire que cette noblesse vient de ceux qui sont nés de famille libre, et dont la race a été de tout temps exempte de roture et a joui d’une pleine liberté. Un gentilhomme de nom et d’armes est celui qui porte le nom de quelque province, bourg, château, seigneurie ou fief noble, qui a des armes particulières quoiqu’il ne soit pas seigneur de ses terres. Car tel est seigneur d’une terre qui n’a rien aux armes qui appartiennent à un autre qui n’a rien en la seigneurie vus que les armes ne se peuvent donner à une terre ou seigneurie que par la concession d’un prince.

Dans tous les pays de l’Europe, il y a des gentilshommes de nom et d’armes, c’est-à-dire d’une noblesse de si haute antiquité qu’on n’en peut montrer l’origine et qui prouvent une possession de temps immémorial par une suite de personnes distinguées par leur valeur et leurs exploits, par des marques distinctives de leurs interruptions et enfin par les armes ou sceaux affectés à leur famille dans le temps que ces marques d’honneur ont commencé à être fixée dans l’Europe. La parfaite noblesse, est proprement l’ancienne et immémoriale et dont ont ne peut prouver par écrit quand elle a commencé, ni de quel prince elle a reçu son être.

Certains chevaliers sont gentilshommes de nom, parce que leur noblesse est aussi ancienne que leur nom, qui les a toujours distingué des autres hommes et depuis plusieurs siècles des anoblis et gentilshommes d’armes, non seulement parce qu’ils ont été les premiers dans les états conquis où ils ont laissé des marques de valeur, mais principalement parce que les armoiries suivent naturellement les noms.

Le duc Philippe de Bourgogne, surnommé « le bon » voulant honorer les premiers de ses états du collier de l’ordre de la toison d’or qu’il avait institué donna commission au sieur Coel, homme très riche en manuscrits de voir et d’examiner qu’elles étaient les maisons les plus anciennes et les plus illustres du pays.

Il répondit après avoir consulté tous ses recueils et ceux de la maison de Bourgogne que c’était celle de nom et d’armes.

Les gentilshommes de nom et d’armes, sont ceux qui peuvent montrer que le nom et les armes qu’ils portent ont été portés par leurs aïeux, et qu’ils ont toujours fait profession de cette qualité dont on ne peut découvrir l’origine. Il y a de la différence entre le gentilhomme de nom et d’armes et le gentilhomme de lignée. Le premier est noble de temps immémoriaux et le dernier n’a besoin que de quatre quartiers des aïeux paternels et maternels. On exigeait cette noblesse des gentilshommes qui aspiraient aux honneurs pour les obliger à ne prendre alliance que dans les familles nobles ; à peine de déchoir des principales prérogatives des nobles parce que c’était interrompre sa noblesse de quatre lignées et obscurcir la noblesse de nom et d’armes.

On peut donc conclure que la noblesse de nom et d’armes est celle qui est d’origine inconnue, formée avec l’hérédité des fiefs et le commencement des noms. D’abord elle éclata par le cri du nom dans les armées et par les armes érigées en trophée dans les combats sanglants et en temps de paix dans les joutes et les tournois. Toutes ces marques d’honneur ont paru dès l’institution de la grande noblesse en l’état qu’elle est et elles font connaître la différence du gentilhomme de nom et d’armes et les nouveaux anoblis. Et quoi qu’un gentilhomme se soit signalé par des faits héroïques ou qu’il se soit distingué par des charges honorables, il n’est pas  pour cela gentilhomme de nom et d’armes. La qualité de gentilhomme de nom et d’armes imprime dans son sujet, un caractère si adhérent, qu’il serait aussi difficile de s’en dépouiller que de sa propre essence. Quoique l’intérêt puisse le porter quelque fois à accepter une adoption dans une famille anoblie, et à en prendre le nom et les armes ; il ne laisse pas néanmoins de conserver sa noblesse originelle. Les lois civiles ne peuvent jamais lui ravir son caractère, quoiqu’il en quitte les marques extérieures, pendant qu’il jouit de cette adoption qui ne peut abolir les droits de sa naissance. Il n’en n’est pas de même du simple anobli ; il ne peut se communiquer que par la naissance, et elle ne passe jamais aux étrangers, ne pouvant compatir par aucun moyen avec l’anoblissement les anoblis étant adoptés par d’anciennes maisons sont obligés par les lois d’en porter le nom et les armes, mais la raison naturelle leur défend d’en prendre le titre. Le prince même ne peut faire un gentilhomme de nom et d’armes non plus qu’un noble de race.

Cette noblesse est donc le comble de la grandeur, plus elle vieillit plus elle acquiert la force et la vigueur.

D’après le Dictionnaire de la Noblesse t1 (BNF)

(*) Doctrine fondée à Alexandrie vers 320 par le prêtre Arius. Considérant que dans la Trinité seul de Père est Dieu, elle aboutit à nier la divinité du Christ et en conséquence le dogme de la Trinité. Condamnée en 325 par le concile de Nicée, elle est néanmoins adoptée par plusieurs des peuples barbares qui occupèrent l’occident : Ostrogoths, Wisigoths, Burgondes, Vandales, Lombards.

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Les Damoiseaux

Le mot Damoiseau est un diminutif de Dom, qui signifie Seigneur, les noms de dame et de demoiselle s’appliquant aux femmes. Le premier à celles qui sont marées ou qui sont de la plus haute condition, et le deuxième aux filles excepté celles qui sont de sang royal.

La qualité de damoiseau est fort ordinaire en Gascogne. Elle a été usité dans la Maison de Sarbruche et à d’autres seigneurs qui ont possédé la seigneurie de Commercy.

Les damoiseaux se nommaient en latin : » domicelli « .

Aimery de Poitiers est qualifié de Damoiseau par Philippe le Bel en 1297.

Mathieu de Lorraine, fils de noble Prince , le Duc Thibaut II, prend ordinairement le nom de noble damoiseau dans les titres de 1309-1317-1319 etc..

(Extrait du Dictionnaire de la Noblesse -BNF)